
Le Québec aime se raconter qu’il constitue un modèle à part.
Nous avons notre modèle social, nos institutions, nos programmes, nos sociétés d’État et une conception du rôle de l’État qui nous distingue du reste du continent.
Très bien.
Mais un modèle économique ne devrait pas être jugé sur ses intentions.
Il devrait être jugé sur ses résultats.
Depuis vingt ans, je critique certains aspects du modèle québécois en m’appuyant d’abord sur les chiffres. Non pas parce que je prends plaisir à dénigrer le Québec, mais pour la raison exactement inverse : je suis convaincu que nous pourrions faire beaucoup mieux.
Le Québec possède énormément d’atouts : une population instruite, des ressources naturelles considérables, une abondance énergétique enviable, des infrastructures développées et une situation privilégiée au sein du marché nord-américain.
Nous ne sommes pas une société pauvre condamnée par la géographie ou par l’histoire.
Alors pourquoi nos performances économiques sont-elles si souvent décevantes?
Le problème du miroir
Les Québécois ont l’habitude de comparer leur économie à celle des autres provinces canadiennes.
L’Ontario sert régulièrement de référence. L’Alberta apparaît lorsqu’on parle de richesse ou de fiscalité. Les provinces de l’Atlantique surgissent parfois lorsque nous avons besoin de nous rassurer.
Ces comparaisons sont légitimes.
Mais elles sont incomplètes.
Le Québec fait partie d’un vaste marché nord-américain où circulent capitaux, travailleurs, entreprises, technologies et marchandises.
De l’autre côté de la frontière se trouvent cinquante États américains qui doivent eux aussi financer leurs infrastructures, attirer les investissements, former leur main-d’œuvre, lever des impôts et fournir des services publics.
Pourquoi ne pas nous comparer également à eux?
C’est ce que permet la base de données constituée pour Nord Libre / True North : les 50 États américains et les 10 provinces canadiennes, étudiés à travers une série d’indicateurs économiques harmonisés aussi rigoureusement que les sources le permettent.
Soixante juridictions.
Et une question toute simple :
où se situe réellement le Québec parmi elles?
Avant les solutions, le diagnostic
L’exercice ne consiste pas à fabriquer un indice arbitraire qui couronnerait un gagnant et désignerait un perdant.
Nous examinons séparément la croissance, le niveau de vie, la productivité, le marché du travail, la démographie, les finances publiques, l’endettement et certains indicateurs institutionnels.
Certains résultats sont favorables au Québec.
D’autres beaucoup moins.
C’est précisément ainsi que devrait fonctionner une analyse honnête.
Une société qui veut améliorer sa performance doit d’abord accepter la possibilité que le diagnostic soit mauvais.
Aimer le Québec ne devrait pas signifier lui raconter qu’il va formidablement bien. Cela devrait signifier vouloir qu’il réalise pleinement son potentiel.
Quelques précautions méthodologiques
Comparer les provinces canadiennes aux États américains n’est pas aussi simple que d’aligner leurs statistiques dans une feuille de calcul.
Les monnaies diffèrent. Certaines définitions statistiques diffèrent. Les périmètres des gouvernements provinciaux, étatiques et locaux ne correspondent pas toujours parfaitement.
Nous avons donc écarté les comparaisons susceptibles de donner une fausse impression de précision.
Par exemple, il serait trompeur de comparer directement un PIB par habitant exprimé en dollars canadiens au Québec à un PIB par habitant exprimé en dollars américains au Texas sans procéder aux ajustements nécessaires.
Nous pouvons en revanche comparer beaucoup plus solidement des taux de croissance, des indices d’évolution, des ratios par rapport au PIB, le chômage, la migration, la démographie et certains indicateurs institutionnels.
Mieux vaut un chiffre légèrement moins spectaculaire mais défendable qu’un classement impressionnant construit sur des pommes, des oranges et un taux de change oublié dans un tiroir.
Pourquoi 2007-2024?
La période 2007-2024 n’a pas été choisie pour avantager ou désavantager le Québec.
Elle correspond à la fenêtre commune la plus longue et suffisamment cohérente disponible dans notre base pour les principaux indicateurs retenus.
Notre projet visait initialement une période plus longue. La disponibilité des séries, les changements méthodologiques et certaines différences entre sources canadiennes et américaines ne permettaient toutefois pas de conserver le même degré de comparabilité pour les 60 juridictions.
Nous avons donc appliqué une règle simple :
retenir la période commune que les données permettent de comparer proprement plutôt que sélectionner des années au cas par cas.
Lorsque certaines séries, notamment celles de l’Economic Freedom of North America, s’arrêtent plus tôt, nous utilisons la dernière année disponible et l’indiquons explicitement.
La période n’a donc pas été choisie parce qu’elle racontait l’histoire que nous voulions entendre.
C’est l’histoire que les données comparables permettent honnêtement de raconter.
Une économie qui grossit plus vite que le niveau de vie
Entre 2007 et 2024, le PIB réel du Québec a augmenté d’environ 33,4 %.
Cela place le Québec au 28e rang sur 60.
À première vue, rien de catastrophique. Nous sommes près du milieu du peloton nord-américain.
Mais lorsqu’on tient compte de la population, le portrait change.
Sur la même période, le PIB réel par habitant n’a progressé que d’environ 14,1 %.
Le Québec tombe alors au 41e rang sur 60.
Voilà l’un des résultats les plus importants de cette analyse.
Une économie peut grossir parce qu’elle compte davantage d’habitants. Cela ne signifie pas nécessairement que chacun devient beaucoup plus prospère.
Le contraste avec certaines juridictions est considérable. Sur la même période, le PIB réel par habitant a augmenté d’environ 59,6 % au Dakota du Nord, 44,6 % dans l’État de Washington, 40,2 % en Californie et de plus de 31 % au Texas.
Au Québec : 14,1 %.
Notre économie a grossi.
Notre niveau de vie par habitant beaucoup moins.
La productivité : le problème devient plus sérieux
Entre 2007 et 2024, l’indice de productivité du travail québécois n’a progressé que d’environ 13,9 %.
Cela place le Québec au 48e rang sur 60.
Nous sommes ici dans le dernier cinquième du classement.
Pendant la même période, l’État de Washington a augmenté sa productivité de plus de 68 %, le Dakota du Nord de plus de 66 %, le Nouveau-Mexique et le Nebraska d’environ 49 %, et la Californie de plus de 48 %.
Ces économies ne sont évidemment pas identiques à celle du Québec.
Mais lorsqu’un grand nombre de juridictions aux structures très différentes améliorent leur productivité plus rapidement que nous pendant près de deux décennies, la différence mérite d’être examinée.
La productivité n’est pas une statistique ésotérique.
À long terme, elle est l’un des grands moteurs de la hausse des salaires réels et du niveau de vie.
On peut redistribuer la richesse de mille façons.
Encore faut-il commencer par la produire.
Et maintenant, la productivité plafonne
La tendance récente ajoute une autre dimension au problème.
Il faut interpréter avec prudence le bond de productivité observé en 2020. La pandémie a profondément modifié la composition de l’emploi et le nombre d’heures travaillées.
Mais même après cette anomalie, la tendance demeure préoccupante.
L’indice de productivité du Québec était d’environ 114,5 en 2021.
Il était de 113,9 en 2024.
Pratiquement aucun progrès net en trois ans.
Pendant ce temps, la population augmente rapidement.
Cela donne une combinaison particulière : nous ajoutons des travailleurs et des consommateurs, et l’économie totale grossit, mais la valeur produite par unité de travail progresse à peine.
On peut accroître une économie en ajoutant des travailleurs. On enrichit une société en rendant ces travailleurs plus productifs.
2024 : le paradoxe québécois en miniature
En 2024, le PIB réel québécois a augmenté d’environ 1,7 %.
47e sur 60.
Le PIB réel par habitant a cependant reculé d’environ 0,26 %.
54e sur 60.
Pendant la même année, le Québec se classait 10e sur 60 pour la croissance démographique et 11e pour la migration nette rapportée à la population.
Nous attirons des gens.
Notre population augmente.
Notre économie totale augmente.
Mais la richesse produite par personne peine à suivre.
C’est probablement la meilleure synthèse du problème.
Le Québec parmi les 60 juridictions
| Indicateur | Période | Québec | Rang |
|---|---|---|---|
| Croissance démographique | 2024 | +2,0 % | 10e / 60 |
| Migration nette / 1 000 habitants | 2024 | 19,7 | 11e / 60 |
| Croissance du PIB réel total | 2007-2024 | +33,4 % | 28e / 60 |
| Croissance du PIB réel par habitant | 2007-2024 | +14,1 % | 41e / 60 |
| Croissance du PIB réel | 2024 | +1,7 % | 47e / 60 |
| Productivité du travail | 2007-2024 | +13,9 % | 48e / 60 |
| Chômage | 2024 | 5,3 % | 49e / 60 |
| Croissance du PIB réel par habitant | 2024 | -0,26 % | 54e / 60 |
| Dette publique / PIB | 2024 | 49,8 % | 58e / 60 |
| Dépenses publiques / PIB | 2024 | 33,7 % | 59e / 60 |
| Recettes fiscales / PIB | 2024 | 20,2 % | 60e / 60 |
Source : base comparative Nord Libre / True North V1.5. Pour les variables où une valeur plus faible est recherchée dans le classement, notamment chômage, dette, fiscalité et dépenses publiques, le rang a été orienté de façon uniforme : 1er représente la valeur la plus faible.
Le Québec manque-t-il vraiment de revenus?
C’est ici que les finances publiques entrent dans l’équation.
En 2024, les recettes fiscales représentent environ 20,2 % du PIB québécois.
Dans notre comparaison, il s’agit de la proportion la plus élevée des 60 juridictions.
Les dépenses publiques représentent environ 33,7 % du PIB.
Une seule juridiction de notre échantillon affiche une proportion supérieure.
Ces chiffres ne démontrent pas que chaque dollar dépensé est inutile, ni qu’un niveau précis de taxation serait optimal.
Ils montrent cependant que le Québec ne correspond guère au portrait d’une juridiction où l’État manquerait simplement de ressources parce qu’il prélève ou dépense peu.
La question devient donc :
que recevons-nous en échange des ressources déjà mobilisées?
Un filet social ambitieux
Il faut reconnaître une chose au modèle québécois : nous avons fait des choix collectifs ambitieux.
Services de garde fortement subventionnés, programmes familiaux, assurance médicaments, soutien du revenu et services publics largement accessibles font partie de ce modèle.
La question économique n’est pas simplement de déterminer si ces programmes sont souhaitables.
Elle consiste également à déterminer s’ils peuvent être financés durablement.
Cela oblige à séparer deux questions :
quels services voulons-nous?
et
créons-nous suffisamment de richesse pour les financer?
Ce n’est pas la même chose.
Le problème apparaît lorsque les engagements publics progressent durablement plus vite que la capacité économique qui doit les soutenir.
On peut compenser un temps par davantage de prélèvements.
On peut également reporter une partie de la facture par l’endettement.
Mais aucun de ces mécanismes ne remplace durablement la création de richesse.
La dette : une facture envoyée dans le temps
La dette publique est souvent réduite à une ligne comptable.
Mais elle représente une obligation sur les ressources futures.
Les intérêts doivent être payés. Les obligations doivent être refinancées ou remboursées. Les ressources consacrées à ces opérations ne peuvent simultanément financer d’autres priorités.
Cela ne signifie pas que tout endettement soit mauvais.
Une génération peut légitimement emprunter pour construire une infrastructure durable dont bénéficieront également les générations qui participeront à son financement.
Dans ce cas, elle transmet une dette et un actif.
La question devient plus délicate lorsque l’endettement sert principalement à financer des dépenses courantes ou à reporter des arbitrages.
Nous consommons alors aujourd’hui une partie des ressources fiscales de demain.
Et le développement durable?
Le Québec parle beaucoup de développement durable.
Le principe est simple : une génération ne devrait pas compromettre inutilement les possibilités offertes aux suivantes.
Pourquoi limiter ce raisonnement aux ressources naturelles?
Une société peut aussi transmettre une capacité fiscale affaiblie, des infrastructures détériorées et des engagements financiers considérables.
La bonne question n’est donc pas seulement :
combien devons-nous?
Mais aussi :
qu’avons-nous créé avec cette dette?
Et les générations qui devront en supporter le coût recevront-elles un patrimoine économique correspondant?
Le mur fiscal n’est pas nécessairement un mur
L’expression évoque une catastrophe soudaine.
La réalité est généralement moins spectaculaire et, justement pour cette raison, plus facile à ignorer.
Une situation budgétaire peut se détériorer progressivement : déficits récurrents, service de la dette plus lourd, investissements reportés, impôts ou tarifs supplémentaires, puis réduction graduelle de la marge de manœuvre.
Le véritable risque est donc moins la faillite soudaine qu’une érosion progressive de la capacité d’agir.
C’est ce qui rend la combinaison observée au Québec digne d’attention : dépenses élevées, fiscalité élevée, dette importante et progression relativement faible de la productivité et du PIB par habitant.
Des réponses politiques différentes
Les principaux partis proposent actuellement des réponses différentes à cette situation.
Le Parti libéral du Québec prévoit un retour à l’équilibre en 2029-2030 et met l’accent sur l’amélioration de l’efficacité de l’État, certaines réallocations et de nouveaux investissements. Son cadre prévoit près de 12 milliards de dollars de nouveaux engagements.
Québec solidaire vise également l’équilibre en 2029-2030, mais propose notamment d’augmenter les revenus de l’État par une taxe sur les fortunes supérieures à 25 millions de dollars, que le parti estime capable de générer 5 milliards par année, afin de financer ses priorités.
Le Parti conservateur du Québec propose plutôt une réduction plus importante de la trajectoire des dépenses, avec 47 milliards de dollars d’économies annoncées sur cinq ans, combinées à des réductions fiscales et à un retour à l’équilibre prévu en 2029-2030.
Ces cadres ne reposent donc pas sur le même diagnostic ni sur les mêmes instruments.
Notre comparaison des 60 juridictions ne permet évidemment pas de déterminer à elle seule quelle politique devrait être adoptée.
Elle permet cependant de situer le problème économique auquel ces différentes propositions tentent de répondre.
Liberté économique : un autre morceau du portrait
Notre base comprend également les indices de l’Economic Freedom of North America.
Ces indices ne mesurent ni la qualité d’une société ni directement sa prospérité. Ils mesurent certaines caractéristiques institutionnelles liées notamment aux dépenses publiques, à la fiscalité et au marché du travail.
En 2023, le Québec se situait :
- 60e sur 60 pour l’indice infranational;
- 60e sur 60 pour le marché du travail;
- 59e sur 60 pour la fiscalité;
- 59e sur 60 pour les dépenses;
- 56e sur 60 pour l’indice tenant compte de l’ensemble des niveaux de gouvernement.
Une précaution s’impose : l’indice infranational est particulièrement utile pour comparer les juridictions d’un même pays. Pour les comparaisons Canada-États-Unis, l’indice incluant l’ensemble des niveaux de gouvernement constitue une référence plus appropriée.
Ces résultats ne démontrent pas que davantage de liberté économique provoque mécaniquement une croissance supérieure.
Ils ajoutent néanmoins une autre pièce au portrait institutionnel du Québec.
Le véritable retard : créer davantage de richesse
Le résultat qui devrait probablement retenir le plus notre attention demeure celui-ci :
PIB réel par habitant : +14,1 % en dix-sept ans, 41e sur 60.
Productivité : +13,9 %, 48e sur 60.
Et la productivité semble maintenant presque stagnante.
L’économie totale a augmenté de 33,4 % depuis 2007.
Le PIB par habitant, de seulement 14,1 %.
La productivité, de 13,9 %.
Voilà probablement le graphique qui raconte le mieux notre histoire économique récente.
Le Québec est devenu plus gros beaucoup plus rapidement qu’il n’est devenu plus productif.
Or un gouvernement peut déplacer de l’argent, taxer, subventionner, emprunter et redistribuer.
Il ne peut pas décréter une hausse durable de la prospérité.
À long terme, une société devient plus riche lorsqu’elle réussit à produire davantage de valeur avec son travail, son capital, ses connaissances et ses ressources.
Une économie plus productive élargit également l’assiette fiscale sans qu’il soit nécessaire d’augmenter constamment les taux.
Voilà une autre manière de « se donner les moyens ».
Créer davantage de richesse.
Le gâteau avant les parts
Le débat québécois porte énormément sur la distribution.
Qui devrait payer davantage?
Qui devrait recevoir davantage?
Quel programme devrait être bonifié?
Quelle activité devrait être taxée ou subventionnée?
Ce sont parfois des questions nécessaires.
Mais elles portent toutes sur la façon de partager la richesse.
Beaucoup moins de discussions portent sur la question préalable :
comment en produire davantage?
On peut perfectionner indéfiniment la manière de découper le gâteau.
Si celui-ci grossit plus lentement que celui de nos voisins, la discussion sur les parts finit par devenir de plus en plus difficile.
La création de richesse n’est donc pas l’opposé des ambitions sociales.
Elle en constitue la condition matérielle.
Il faut une économie productive pour financer les écoles, les hôpitaux, les infrastructures et le soutien aux personnes vulnérables.
Avant de redistribuer la richesse, encore faut-il la créer.
Rien de tout cela n’est une fatalité
L’objection est prévisible : le Québec est différent.
C’est vrai.
Mais le Texas est différent du Vermont. La Californie du Dakota du Nord. L’Alberta de la Nouvelle-Écosse. Washington du Tennessee.
Les 60 juridictions étudiées possèdent des structures industrielles, démographiques et institutionnelles très différentes.
Cela interdit les explications simplistes.
Mais cela rend également difficile d’attribuer tous nos résultats à une particularité québécoise inévitable.
Le Québec dispose de ressources naturelles considérables, d’une importante production hydroélectrique, d’universités, d’une main-d’œuvre instruite et d’un accès direct au marché nord-américain.
Le potentiel existe.
La question est de savoir comment mieux le convertir en productivité et en niveau de vie.
Ce constat rejoint directement deux dossiers déjà publiés ici : Le modèle québécois : et si Duhaime avait raison sur le diagnostic? et La prospérité avant l’indépendance.
Regarder le Québec tel qu’il est
Alors, où se classe vraiment l’économie québécoise en Amérique du Nord?
Le portrait est contrasté.
Le Québec attire des gens.
Sa population croît rapidement.
Son économie totale continue de progresser.
Mais son PIB par habitant croît beaucoup moins rapidement.
Sa productivité se situe dans le dernier cinquième de notre classement sur l’ensemble de la période et semble avoir plafonné récemment.
Parallèlement, le Québec se situe près de l’extrémité supérieure de notre échantillon pour le poids des recettes fiscales et des dépenses publiques, et parmi les juridictions les plus endettées selon la mesure harmonisée retenue.
Ce n’est pas le portrait d’une société sans qualités.
C’est le portrait d’une société qui possède d’importants atouts mais qui ne les transforme pas aussi efficacement qu’elle pourrait le faire en croissance de la productivité et du niveau de vie.
C’est précisément pourquoi ces chiffres méritent d’être regardés.
Je ne critique pas le Québec parce que je souhaite le voir échouer.
Je le critique parce que je refuse de croire que ses performances actuelles représentent tout ce dont il est capable.
Nous avons les ressources.
Nous avons le capital humain.
Nous avons l’énergie.
Nous avons accès au marché nord-américain.
Nous avons le potentiel.
Et aucun classement économique n’est une fatalité.
La première étape consiste simplement à regarder les résultats tels qu’ils sont.
Parce qu’on ne corrige pas une trajectoire qu’on refuse d’abord de mesurer.
Et avant de décider comment tourner le volant, encore faut-il accepter de regarder la route.







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