Et si les tarifs de Trump étaient justifiés?
Ce que l’histoire méconnue du fentanyl, du crime organisé et de la Chine révèle sur les origines de la guerre commerciale avec les États-Unis
Lorsque Donald Trump a annoncé qu’il imposerait des tarifs de 25 % sur les produits canadiens si le Canada ne faisait pas davantage pour sécuriser sa frontière et combattre le trafic de fentanyl, la réaction de notre gouvernement a été aussi rapide que prévisible.
Les tarifs étaient injustifiés.
Le Canada était injustement attaqué.
Et pour le prouver, Justin Trudeau et son gouvernement disposaient d’un argument apparemment irréfutable : moins de 1 % du fentanyl saisi aux frontières américaines provenait du Canada.
Le chiffre était bien celui mis de l’avant officiellement par Ottawa, qui affirmait que « moins de 1 % du fentanyl et des passages illégaux aux États-Unis proviennent du Canada » tout en qualifiant les tarifs américains d’injustifiés.
Effectivement, vu sous cet angle, l’affaire semblait assez ridicule.
Pourquoi menacer son principal partenaire commercial de tarifs de 25 % pour un problème représentant une fraction minuscule du fentanyl qui entre aux États-Unis?
L’explication qui s’est rapidement imposée au Canada était donc fort simple : Donald Trump cherchait un prétexte. Le bully américain avait décidé de s’en prendre à son pauvre voisin canadien et il fallait lui tenir tête.
Elbows up!
Mais il y a un petit problème avec cette histoire.
Elle commence en 2025.
La véritable histoire commence presque dix ans plus tôt.
Un problème connu depuis 2016
Dès 2016, la GRC témoignait devant le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes que, selon ses enquêtes et renseignements criminels, la Chine était la principale source du fentanyl entrant au Canada.
La Colombie-Britannique constituait alors le principal point de distribution. Plus intéressant encore, la GRC expliquait que le fentanyl arrivé au Canada était transformé en produit fini dans des laboratoires clandestins avant d’être distribué partout au pays et, dans une moindre mesure, aux États-Unis.
L’année suivante, le gouvernement Trudeau reconnaissait officiellement que les enquêtes criminelles et les renseignements disponibles identifiaient la Chine comme principale source de fentanyl et de ses analogues entrant au Canada.
Ottawa confirmait également que du travail bilatéral était déjà en cours avec la DEA américaine afin de déterminer comment mieux coopérer avec la Chine. Le Canada participait parallèlement avec les États-Unis et le Mexique au nouveau North American Drug Policy Dialogue, où les trois pays discutaient notamment des précurseurs chimiques et du trafic de drogues synthétiques.
Autrement dit, lorsque Donald Trump accuse le Canada d’avoir un problème de fentanyl en 2025, il ne vient pas de découvrir un phénomène dont personne n’avait entendu parler.
Ottawa et Washington travaillent sur ce problème depuis au moins 2016.
Trump et Trudeau en avaient déjà parlé
En juin 2019, Donald Trump est dans son premier mandat et Justin Trudeau est premier ministre du Canada. Les deux hommes se rencontrent à Washington et discutent notamment de la crise des opioïdes. Ils conviennent d’intensifier la coopération entre les deux pays.
Cette discussion mènera, le 31 janvier 2020, au Plan d’action conjoint canado-américain sur les opioïdes, destiné notamment à renforcer la coopération contre le trafic de fentanyl et d’autres opioïdes synthétiques ainsi qu’en matière d’application de la loi, de sécurité frontalière et de partage de renseignements.
Trump connaissait donc personnellement le dossier. Il en avait parlé directement avec Trudeau et leurs gouvernements avaient créé un mécanisme spécialement destiné à y faire face.
Puis Trump perd l’élection de 2020 et quitte la Maison-Blanche.
Le problème, lui, ne quitte pas.
Trump part, le fentanyl reste
Durant les quatre années suivantes, la coopération se poursuit sous Joe Biden. Et la Chine demeure au centre du problème.
En janvier 2025, CANAFE publiera une alerte opérationnelle fondée notamment sur l’analyse de quelque 5 000 déclarations d’opérations douteuses reçues entre 2020 et 2023. L’organisme explique que des groupes criminels organisés importent ou détournent de Chine et d’autres pays asiatiques les précurseurs chimiques et les équipements de laboratoire nécessaires à la production d’opioïdes synthétiques illégaux.
Mais Washington s’intéressait déjà directement à certaines activités se déroulant au Canada.
Le 3 octobre 2023, le département américain du Trésor sanctionne un vaste réseau chinois impliqué dans la production et la distribution internationales de précurseurs de fentanyl, de méthamphétamine et de MDMA.
Parmi les entreprises visées se trouve Valerian Labs Inc., située dans l’Ouest canadien.
Selon le Trésor américain, Valerian Labs était un important client d’une entreprise du réseau chinois. Une société liée, Valerian Labs Distribution Corp., avait notamment tenté d’acquérir 2 000 litres de chloroforme, 800 litres de dichlorométhane et 200 kg d’iode, des substances pouvant servir à la production de fentanyl, d’héroïne et de méthamphétamine.
Nous sommes encore sous Joe Biden.
Il devient donc assez difficile de soutenir que les préoccupations américaines concernant la filière canadienne du fentanyl ont été inventées par Donald Trump pour justifier sa guerre commerciale.
Et puis il y a Falkland
Le 25 octobre 2024, la GRC mène une série d’opérations coordonnées et démantèle à Falkland, en Colombie-Britannique, ce qu’elle décrira comme le plus grand et le plus sophistiqué superlaboratoire de ce genre jamais découvert au Canada.
Les policiers y saisissent 54 kilogrammes de fentanyl, 390 kilogrammes de méthamphétamine, 35 kg de cocaïne, 15 kg de MDMA ainsi que d’énormes quantités de précurseurs chimiques.
La GRC décrit elle-même l’opération et le superlaboratoire comme faisant partie d’une enquête visant un groupe criminel organisé soupçonné de produire et de distribuer des drogues synthétiques au Canada et à l’étranger.
Moins de deux semaines plus tard, Donald Trump remporte l’élection présidentielle américaine.
Imaginez maintenant la situation de son point de vue.
Lors de son premier mandat, son administration travaillait déjà avec le Canada sur le fentanyl. Il en avait personnellement discuté avec Justin Trudeau. Les deux pays avaient créé un plan conjoint.
Il quitte Washington pendant quatre ans et, lorsqu’il revient, les précurseurs asiatiques alimentent toujours la production nord-américaine, des réseaux criminels transnationaux sont toujours actifs et la GRC vient de découvrir le plus important superlaboratoire de ce genre de l’histoire canadienne.
Pour couronner le tout, qui est toujours premier ministre?
Justin Trudeau.
Les deux hommes ne sont pas exactement connus pour passer leurs vacances ensemble.
Cette animosité personnelle n’explique évidemment pas à elle seule la politique américaine. Elle permet toutefois de comprendre pourquoi Trump pouvait être peu disposé à accorder à Trudeau le bénéfice du doute après des années de discussions sur le même dossier.
Le fameux « moins de 1 % »
Lorsque Trump passe de la menace à l’action, Ottawa répond officiellement que moins de 1 % du fentanyl et des passages illégaux aux États-Unis proviennent du Canada, et affirme que le pays est « inutilement et injustement ciblé ». C’est noir sur blanc dans le communiqué du gouvernement canadien du 1er février 2025.
Le chiffre est vrai.
Et il faut le dire clairement : les saisies américaines de fentanyl à la frontière canadienne étaient minuscules comparativement à celles effectuées à la frontière mexicaine. Le décret de Trump lui-même le reconnaît.
Mais était-ce réellement toute l’accusation américaine?
Pas vraiment.
Le décret signé par Trump le 1er février 2025 accuse le Canada de ne pas consacrer suffisamment d’attention et de ressources au problème et de ne pas coordonner suffisamment son action avec les forces policières américaines.
Il évoque également une présence croissante de cartels mexicains exploitant, selon Washington, des laboratoires de synthèse de fentanyl et de nitazènes au Canada. Il cite surtout la production domestique canadienne de fentanyl et son intégration croissante aux réseaux internationaux de distribution.
Plus révélateur encore, Trump souligne que malgré un dialogue nord-américain sur les drogues illicites remontant à 2016, le problème s’est aggravé.
Exactement l’année où la GRC témoignait déjà devant le Parlement au sujet de la filière chinoise du fentanyl.
Le fameux chiffre répond donc correctement à une question :
Quelle proportion du fentanyl saisi aux frontières américaines provient directement du Canada?
Très peu.
Mais le grief formulé par Washington était beaucoup plus vaste :
Pourquoi le Canada possède-t-il toujours, après presque une décennie de coopération, une infrastructure criminelle impliquant des précurseurs étrangers, des laboratoires clandestins, des organisations criminelles transnationales et du blanchiment?
Et là, la réponse devient beaucoup plus inconfortable.
Ce qu’Ottawa disait et ce qu’Ottawa savait
C’est probablement l’élément le plus troublant de toute cette histoire.
Le 3 décembre 2024, avant même l’investiture de Trump, l’Agence des services frontaliers du Canada décrivait elle-même la menace actuelle liée au fentanyl comme impliquant la contrebande de précurseurs chimiques provenant de Chine et la persistance d’une production domestique de fentanyl et d’autres drogues synthétiques.
L’ASFC ajoutait quelque chose de particulièrement intéressant.
Lorsque la Chine réglemente un précurseur, les chimistes et exportateurs peuvent passer rapidement à un autre produit chimique non réglementé. Selon l’ASFC, ces changements de méthode avaient probablement entraîné une « sous-estimation considérable des activités de trafic de drogue » durant la première moitié de 2024.
Relisons cela tranquillement.
En décembre, l’agence responsable de notre frontière avertit que les statistiques de saisies peuvent considérablement sous-estimer le trafic.
Quelques semaines plus tard, notre gouvernement met précisément de l’avant les statistiques de saisies pour démontrer aux Canadiens que le problème soulevé par Washington est marginal.
Les deux affirmations peuvent être vraies.
Mais disons que le choix de l’indicateur était politiquement commode.
CANAFE dressait au même moment un portrait beaucoup plus vaste : crime organisé, précurseurs et équipements provenant notamment de Chine et d’autres pays asiatiques, production de drogues synthétiques et blanchiment des revenus. Son alerte opérationnelle de janvier 2025 est particulièrement instructive.
Ce n’était donc pas simplement le dossier de Donald Trump.
C’était le dossier des propres organismes de sécurité du gouvernement canadien.
Cela ne signifie pas que Trudeau mentait lorsqu’il citait le chiffre de moins de 1 %. Le chiffre était réel.
Mais il répondait à la partie du problème la plus facile à minimiser, alors que les propres organismes de son gouvernement décrivaient une menace beaucoup plus complexe.
Washington était-il frustré par le Canada?
C’est ici qu’entre le travail du journaliste d’enquête Sam Cooper, auteur de Wilful Blindness.
Cooper enquête depuis plusieurs années sur les liens entre blanchiment, crime organisé transnational, réseaux chinois et trafic de drogue en Colombie-Britannique.
Ses affirmations doivent cependant être distinguées des faits établis jusqu’ici par les documents gouvernementaux.
Lors de son témoignage devant le Comité permanent de la sécurité publique en octobre 2025, Cooper a affirmé que des retards dans certaines enquêtes sensibles avaient nui à la coopération entre la GRC et la DEA dans d’importantes affaires de fentanyl et de blanchiment. Il a également déclaré qu’en 2017, un fonctionnaire du Département d’État américain l’avait personnellement alerté de préoccupations déjà anciennes concernant une détérioration de la coopération GRC-DEA.
Cooper attribue notamment ces difficultés aux obstacles juridiques et opérationnels rencontrés dans les enquêtes complexes sur les réseaux criminels transnationaux. Il a également rapporté, à partir de sources américaines et canadiennes, d’autres cas où la coopération aurait été insuffisante.
Ces allégations doivent être traitées avec prudence. Nous ne disposons pas des communications internes DEA-GRC permettant de les vérifier complètement.
Mais elles deviennent particulièrement intéressantes lorsqu’on relit le décret de Trump.
Celui-ci reproche précisément au Canada de ne pas avoir consacré suffisamment d’attention et de ressources au problème et de ne pas avoir suffisamment coordonné son action avec les forces de l’ordre américaines.
Les allégations rapportées par Cooper ne prouvent donc pas l’accusation de Trump.
Mais elles fournissent un contexte qui permet de mieux comprendre d’où elle pouvait provenir.
Puis Trump prend le mors aux dents
Plaçons-nous encore une fois de son point de vue.
Vous avez discuté du problème avec le même gouvernement pendant votre premier mandat.
Vous avez créé un plan conjoint.
Vous quittez la Maison-Blanche pendant quatre ans.
Vous revenez et considérez que le problème n’est toujours pas réglé.
Vous retrouvez le même Justin Trudeau avec lequel vos relations étaient déjà exécrables.
Et il existe au minimum des allégations sérieuses de frustrations américaines concernant la coopération policière.
Quelle est la probabilité que Donald Trump propose alors la création d’un nouveau comité chargé d’étudier la possibilité de créer un autre comité?
Nous connaissons suffisamment le personnage pour deviner la réponse.
Trump possède un instrument qu’il affectionne particulièrement : l’accès au gigantesque marché américain.
Il menace donc le Canada de tarifs de 25 %.
C’est brutal.
C’est peut-être disproportionné.
Mais c’est parfaitement cohérent avec sa façon de négocier : identifier un comportement qu’il veut modifier, menacer d’imposer un coût économique considérable et offrir ensuite de retirer ce coût en échange de concessions.
Et c’est précisément ce qui se produit.
Et soudain, Ottawa trouve 1,3 milliard de dollars
Le 17 décembre 2024, après la menace tarifaire de Trump du mois précédent, Ottawa annonce un nouveau Plan frontalier de 1,3 milliard de dollars.
Nouvelles capacités de détection. Nouvelles équipes canines. Nouveaux outils d’imagerie. Nouveau Centre canadien de profilage des drogues. Nouvelle unité de gestion des risques liés aux précurseurs chimiques. Davantage de ressources policières et de coordination.
Puis Trump insiste.
En février, Ottawa annonce la nomination d’un tsar du fentanyl, le lancement d’une force de frappe conjointe Canada–États-Unis contre le crime organisé, le fentanyl et le blanchiment, ainsi qu’une nouvelle directive de renseignement appuyée par 200 millions de dollars afin d’accroître la capacité canadienne de recueillir et de partager des renseignements sur le crime organisé transnational. Le gouvernement détaille lui-même ces nouvelles mesures ici.
Le 20 février, le Canada inscrit également sept organisations criminelles transnationales sur la liste des entités terroristes.
Et Trump suspend temporairement l’application de ses tarifs liés à la frontière pendant que ces engagements sont mis en œuvre.
Ce qui soulève une question assez évidente :
Si toutes ces mesures étaient utiles en 2025, pourquoi n’avaient-elles pas été prises auparavant?
Cela ne prouve pas que le Canada ne faisait rien avant l’arrivée de Trump. Ottawa consacrait déjà des ressources considérables au problème et collaborait depuis longtemps avec Washington.
Mais cela démontre au minimum qu’il existait encore une marge importante pour renforcer cette action.
Imaginez maintenant ce que Trump peut en conclure :
Nous parlons de ce problème depuis des années. Je menace de tarifs et soudainement le Canada trouve 1,3 milliard de dollars, un tsar du fentanyl, de nouvelles ressources et une coopération accrue.
Dans son esprit, la conclusion risque d’être assez simple :
La pression fonctionne.
Alors, les tarifs étaient-ils justifiés?
Tout dépend de ce que nous entendons par « justifiés ».
D’un strict point de vue économique, les tarifs demeurent une taxe sur les importations. Ils augmentent les coûts pour les entreprises et les consommateurs américains et perturbent des chaînes d’approvisionnement profondément intégrées.
On peut également se demander si menacer presque toute l’économie canadienne de tarifs de 25 % constitue une réponse proportionnée à un problème de sécurité.
Mais considérons la question sous un autre angle.
Trump croyait faire face à un problème dont les États-Unis discutaient avec le Canada depuis près d’une décennie.
Il avait lui-même traité le dossier avec Trudeau durant son premier mandat.
Lorsqu’il revient au pouvoir, le problème existe toujours.
Il dispose d’un énorme levier économique sur le Canada.
Il l’utilise.
Et le Canada agit.
On peut donc considérer les tarifs de Trump comme une mauvaise politique économique tout en reconnaissant que, comme instrument de coercition diplomatique, la menace tarifaire pouvait être remarquablement efficace pour forcer le gouvernement canadien à agir davantage sur un problème que Washington soulevait depuis des années.
Cela ne fait pas nécessairement de Trump le gentil de l’histoire.
Mais cela rend également beaucoup plus difficile de présenter le Canada comme la pauvre victime innocente d’un bully américain qui aurait inventé un prétexte pour nous attaquer.
Une histoire beaucoup moins simple
Trump poursuivait certainement d’autres objectifs. Il avait plusieurs griefs commerciaux envers le Canada : gestion de l’offre, bois d’œuvre, taxe sur les services numériques, barrières réglementaires et déficit commercial.
Le fentanyl pouvait donc être à la fois un véritable problème de sécurité et un levier permettant d’obtenir d’autres concessions. Les deux ne sont pas mutuellement exclusifs.
Mais une chose devient difficile à soutenir après avoir examiné la chronologie :
le problème canadien du fentanyl n’a pas été inventé par Donald Trump en 2025.
Nos propres organismes gouvernementaux le documentaient depuis des années.
Washington en discutait avec Ottawa depuis 2016.
Trump en avait parlé personnellement avec Trudeau pendant son premier mandat.
Les deux pays avaient créé un plan conjoint.
Les précurseurs chinois continuaient néanmoins d’entrer au Canada.
La production domestique persistait.
Des organisations criminelles transnationales continuaient leurs activités.
Et quelques jours avant l’élection de Trump, la GRC venait de démanteler le plus important superlaboratoire de ce genre de l’histoire canadienne.
Le gouvernement Trudeau avait parfaitement raison lorsqu’il affirmait que moins de 1 % du fentanyl saisi aux frontières américaines provenait du Canada.
Mais ce chiffre ne racontait qu’une petite partie de l’histoire.
Et peut-être était-ce précisément la partie de l’histoire qu’Ottawa voulait que les Canadiens regardent.
Alors, les tarifs de Donald Trump étaient-ils réellement injustifiés?
Peut-être étaient-ils excessifs. Peut-être étaient-ils économiquement contre-productifs. Peut-être servaient-ils également des objectifs protectionnistes qui n’avaient rien à voir avec le fentanyl.
Mais après presque dix ans d’avertissements, de coopération, de réunions et de plans d’action, alors que le problème persistait toujours au retour de Trump à la Maison-Blanche, la réponse est beaucoup moins évidente qu’on nous l’a laissé croire.